Né de la mobilisation de plusieurs militant•e•x•s aux horizons divers, l’événement de soutien Echoes of Freedom a surpassé le succès de l’année précédente avec une deuxième édition qui a rassemblé plus de 40 artistes et 80 bénévoles à Genève les 10 et 11 juin.
Soucieux de créer une dynamique de solidarité avec les populations civiles touchées par les guerres issues des logiques coloniales et impérialistes et de sensibiliser le public aux enjeux de la décolonisation, des associations et des collectifs genevois ont décidé d’unir leurs forces. « Nous avions le sentiment que l’espace d’expression était insuffisant et qu’il nous fallait le créer nous-mêmes », a déclaré à Blindspot Coralie Robadey, co-coordinatrice de l’événement.

« L’initiative est née d’un groupe de personnes impliquées dans l’organisation d’un événement de soutien à la Palestine il y a 3 ans. De là est né le désir de mobiliser encore plus de monde et de créer cet espace, en invitant tous ces collectifs, associations et artistes. Echoes of Freedom s‘est d’abord formé comme collectif, mais c’est aujourd’hui une association qui pilote l’organisation de cet événement, rassemblant de nombreux bénévoles, que ce soit simplement le jour J mais aussi dans la coordination du projet », explique Justine Bosset, co-organisatrice de l’événement.
Leur mobilisation était motivée par une conviction commune : la nécessité d’avoir un impact à Genève, ville à dimension internationale et qui porte une responsabilité particulière face aux atteintes aux droits humains.
L’un des objectifs de l’initiative est d’apporter un soutien financier aux peuples opprimés. Les fonds récoltés sont reversés à des associations locales actives auprès de ces populations.
L’événement, qui s’est tenu en avril 2025 à l’Usine, lieu emblématique de la scène alternative genevoise, a permis de récolter environ 36 000 CHF pour des associations palestiniennes, libanaises et congolaises. Cette année, les fonds ont été reversés à l’association Retaj Women Center en Palestine et à Siha dans la Corne de l’Afrique.
Une conférence sur la situation à Gaza et au Soudan s’est tenue le premier jour de l’événement, avec la participation de Yahya Al-Sarraj, maire de la ville de Gaza, s’exprimant directement depuis Gaza, et de Hamad Gamal, militant soudanais exilé en France et cofondateur du média Sudfa.

« L’objectif principal de ces événements était de récolter des fonds, et la participation a été formidable. L’initiative a mobilisé un grand nombre de personnes, dont beaucoup sont venues avec l’intention de contribuer financièrement au soutien des associations. L’année dernière, nous avons collecté des fonds pour trois associations en Palestine, au Congo et au Liban, et cette année pour la Palestine et le Soudan – deux associations intervenant dans ces deux pays », a déclaré Justine Bosset.
Cette nouvelle édition s’est également déroulée à l’Usine, avec un programme comprenant un marché de créateurs locaux et une vente de vêtements de seconde main, des concerts et des DJ sets, une conférence sur l’économie du génocide, une table ronde sur la hiérarchie des luttes et un atelier pédagogique pour les jeunes adolescents. « L’objectif de cet atelier était aussi d’établir un contact avec les jeunes et d’aborder la question de l’éducation, de parler des luttes décoloniales, encore totalement ignorées aujourd’hui, y compris dans les programmes scolaires », a souligné Justine. « Bien que le public soit principalement composé de jeunes adultes, des personnes plus jeunes et plus âgées ont également participé. Il s’agit aussi de mobiliser à travers les générations. »
Forts de leur succès et de leur participation croissante, ces événements se poursuivront. « Notre objectif est d’organiser une édition par année sur des thématiques différentes ou sur des régions différentes », a confirmé Coralie. « On a l’ambition également de maintenir un cap en proposant différents formats d’engagement, de militantisme, de déconstruction. L’objectif d’Echoes of Freedom est vraiment de proposer des modalités et des formats qui parlent à tout le monde et qui touchent des publics très divers. »
Nelson Pereira








